Des accords de Munich en 1938 à l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 en passant par sa libération en 1945, la propagande russe puise dans les grandes pages de l’histoire tchèque du XXe siècle, mais aussi de celle de l’Europe centrale dans son ensemble, pour construire de nouvelles interprétations des faits établis. En minimisant certains épisodes et en en détournant d’autres, elle tente notamment de présenter la Russie comme le défenseur historique des peuples slaves face à un Occident présenté comme éternellement hostile. Derrière la manipulation historique, ces récits qui alimentent les réseaux sociaux visent à réduire le soutien à l’Ukraine et à fragiliser la confiance dans l’Union européenne et les institutions démocratiques. Alexandra Nosková, co-auteure d’une étude du Prague Security Studies Institute, analyse les mécanismes de cette instrumentalisation de l’histoire.