Les élections législatives en Hongrie, prévues le 12 avril, sont suivies de près en Tchéquie, tant leurs répercussions pourraient dépasser les frontières du pays. Prague observe notamment avec attention l’évolution en cours à Budapest, dans un contexte régional marqué par des équilibres politiques mouvants. Au cœur de ces enjeux : le groupe de Visegrád, qui rassemble quatre pays d’Europe centrale – la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie -, mais dont la cohésion est régulièrement mise à l’épreuve par des divergences politiques, surtout depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. À Prague, la question est d’autant plus sensible que le gouvernement tchèque est aujourd’hui une coalition réunissant le mouvement ANO d’Andrej Babiš, le parti nationaliste SPD de Tomio Okamura et les Automobilistes – trois formations qui, à des degrés divers, affichent une certaine proximité avec la ligne politique de Viktor Orbán. L’issue du scrutin hongrois et une potentielle victoire du parti Tisza de Péter Magyar pourrait-elle rebattre les cartes en Europe centrale et influencer les choix du gouvernement tchèque ? Éléments de réponse avec le politologue Lukáš Macek.