En citant Václav Havel dans un discours très remarqué au Forum économique mondial, le nouveau Premier ministre canadien a surpris autant qu’il a marqué les esprits. Reprise par plusieurs grands titres internationaux, l’allocution prononcée la semaine dernière par Mark Carney à Davos , quelques semaines seulement après son arrivée au pouvoir, a eu un retentissement considérable. Dans un contexte global chaotique marqué par une rupture de l’ordre mondial, le Premier ministre canadien a choisi de s’appuyer sur la pensée de Václav Havel, ancien dramaturge-dissident et président tchèque, pour défendre une vision éthique et responsable de l’action politique et pour – sans citer Trump – inciter les puissances moyennes à ne pas « vivre dans le mensonge ». Une référence inattendue à l’auteur du Pouvoir des sans-pouvoir dans un forum économique, mais jugée particulièrement pertinente par Bronja Hildgen, chercheuse à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et auteure d’un mémoire sur l’œuvre de Havel.